Le GEO va‑t‑il remplacer le SEO
Publiée le janvier 7, 2026
Publiée le janvier 7, 2026
L’apparition des moteurs génératifs laisse penser que le SEO va devenir obsolète. Pourtant, les deux disciplines sont complémentaires. GEO ne remplace pas, mais enrichit le SEO.
Les chiffres démontrent que la place des moteurs génératifs ne cesse d’augmenter. Une étude de Romanesko estime qu’il y aura plus d’un milliard d’utilisateurs d’IA d’ici fin 2025 et que 900 millions de personnes utilisent chaque semaine ChatGPT. Les AI Overviews de Google apparaissent désormais dans 60 % des recherches aux États‑Unis, alors qu’elles ne représentaient que 6 % au début de 2025. Parallèlement, le trafic vers les plates‑formes IA a bondi de +721 % en un an, et certains experts prédisent que les requêtes IA surpasseront celles de Google avant 2027. Ailleurs, AI News Hub indique que 63 % des sites reçoivent déjà du trafic en provenance d’IA et que ChatGPT attire 300 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Ces tendances montrent que l’environnement de recherche se diversifie et que les marques doivent répondre à cette évolution.
Les moteurs génératifs modifient non seulement le volume de trafic, mais aussi la qualité des visites. Selon Romanesko, l’apparition des AI Overviews entraîne une baisse de 61 % du CTR organique et 80 % des sources citées par l’IA ne figurent pas dans le top 10 des résultats SEO. Néanmoins, les marques qui sont citées voient leurs clics augmenter de 35 % et constatent que les visiteurs issus des IA convertissent 3 à 8 fois plus que ceux provenant du SEO traditionnel. Akselera souligne que lorsque l’AI Overview apparaît, le CTR de la première position chute de 34,5 %. De plus, les experts notent que les visiteurs arrivant via les IA restent plus longtemps et génèrent des paniers moyens plus élevés, car ils consultent du contenu déjà contextualisé. Ces chiffres montrent que l’enjeu n’est pas de remplacer le SEO, mais d’étendre sa stratégie pour capter cette audience qualifiée.
Un tableau de comparaison illustre ces différences :
| Origine du trafic | Volume moyen | CTR moyen | Taux de conversion | Valeur par visite |
|---|---|---|---|---|
| SEO traditionnel | Élevé (8,5 Mds requêtes/jour) | Modéré (0,5–2 %) | 2–3 % | Basique |
| AI Overview | En hausse (13,14 % des requêtes Google en 2025) | Faible (baisse de 34,5 % pour la 1ʳᵉ position) | 3–8 x plus élevé | Supérieure (35 % de clics supplémentaires) |
| Autres IA (ChatGPT/Perplexity) | 63 % du trafic global des sites | Non mesuré (objectif = citation) | Très variable (dépend du call‑to‑action) | Élevée (visiteur informé) |
Plutôt que d’opposer SEO et GEO, il convient de développer une stratégie hybride :
Auditer votre présence dans les IA. Testez votre marque sur ChatGPT, Perplexity, Gemini et notez si vous êtes cité. Analysez les prompts où vous n’apparaissez pas.
Optimiser la récupérabilité. Assurez‑vous que vos pages sont indexables (pas de fichier robots.txt bloquant), adoptez le server‑side rendering et utilisez des sitemaps pour faciliter l’exploration par les robots IA.
Créer des contenus différenciants. Proposez des données propriétaires, des études inédites, des avis clients et des comparatifs afin de fournir des éléments que l’IA ne trouve pas ailleurs. Romanesko insiste sur l’importance de proposer des points de vue et des expériences uniques pour se démarquer.
Renforcer l’E‑E‑A‑T et gagner des backlinks. Obtenez des citations dans la presse, sur des blogs et des communautés afin d’augmenter votre autorité. Les IA privilégient les sources crédibles et diversifiées.
Être présent sur plusieurs plateformes. Publiez vos contenus sur des plateformes comme Reddit, Quora, LinkedIn, YouTube ou TikTok, car les IA tirent souvent des informations de ces réseaux. Adaptez votre message à chaque canal.
Mesurer et itérer. Suivez vos KPI SEO et GEO simultanément. Surveillez la part de trafic issue des IA, l’ASoV, le sentiment et la Q→Q velocity.
Le débat « GEO vs SEO » n’a pas lieu d’être. Les statistiques montrent que les moteurs génératifs prennent une part croissante dans la découverte et la conversion, mais qu’ils s’appuient toujours sur des bases SEO solides. En adoptant une stratégie hybride – optimiser ses pages pour le SEO, structurer ses contenus pour l’IA, développer ses preuves sociales et diversifier ses canaux – les marques peuvent profiter du meilleur des deux mondes et sécuriser leur visibilité à long terme.
Walker Sands observe que le SEO « construit la crédibilité et les bases techniques » que les moteurs IA exploitent. En d’autres termes, une bonne autorité de domaine, des backlinks et une structure technique solide restent essentiels pour que les IA trouvent et interprètent votre site. Le GEO ajoute une couche : il vise à rendre votre contenu exploitable par les modèles génératifs, par exemple en structurant les informations et en incorporant des preuves sociales.
Mike King (iPullRank) explique que les systèmes d’IA recherchent et citent des passages de documents en fonction de probabilités ; les réponses varient d’un jour à l’autre. Les algorithmes décomposent la requête (« fan‑out »), récupèrent des documents à l’aide d’embeddings et combinent les passages selon des pondérations statistiques. Ainsi, être premier dans le classement SEO ne garantit pas d’être cité par une IA ; il faut augmenter la probabilité d’être choisi en couvrant un sujet de manière exhaustive et en diversifiant ses sources.
Alors que le SEO se concentre sur le trafic organique et la position, le GEO introduit de nouvelles métriques : mention de marque dans les réponses, taux de citation, part de voix, trafic référé par les IA, et durée de présence. Walker Sands insiste sur la mesure de la perception de la marque (sentiment) et du partage de voix dans les réponses IA. BrandRadar propose d’aller plus loin avec des indicateurs comme l’Answer Share of Voice (ASoV), le Question‑to‑Quote velocity (délai entre la première mention et la demande de devis) et la cartographie de visibilité par prompt. Ces KPI montrent que le succès se mesure désormais en termes d’inclusion et d’influence.
Dans le domaine local, TNG Shopper décrit comment l’IA répond directement à des questions du type « Où acheter des chaussures près de moi ? » en recommandant trois magasins. Si vos données locales sont incohérentes ou si votre store locator est maigre en contenu, l’IA pourrait ne pas vous choisir. Il est donc crucial de maintenir des fiches Google Business à jour, d’obtenir des avis et d’enrichir vos pages locales.
Le GEO ne supplante pas le SEO mais en est une extension. Les IA utilisent des architectures probabilistes où la requête se divise en sous‑questions et où les informations sont fusionnées selon des probabilités. En combinant l’optimisation SEO (autorité, structure technique) et la stratégie GEO (contenu structuré, UGC, cohérence locale), vous maximisez la visibilité de votre marque à la fois sur les SERP classiques et dans les réponses générées.
Ainsi, plutôt que de choisir entre ces approches, il est préférable de tirer parti de chacune d’elles : renforcer les bases techniques du SEO, créer des micro‑contenus adaptés au fan‑out pour le GEO et enrichir vos pages avec des témoignages UGC. Cette synergie vous permettra de maintenir votre marque au centre du paysage de la recherche moderne.